BMCR 2009.09.60

Seneca, De clementia

, Seneca, De clementia. Oxford/New York: Oxford University Press, 2009. xiii, 456. ISBN 9780199240364. $150.00.

Le De Clementia de Sénèque a souvent été maltraité par les savants du siècle passé. Bien que plusieurs articles remarquables aient été consacrés à cet ouvrage,1 l’édition de référence (Fr. Préchac [Paris 1921]) reposait en effet sur des principes absurdes qui défiguraient l’oeuvre du Cordouan. En outre, le commentaire le plus étendu (P. Faider-Ch. Favez [Bruges 1950]) était passablement superficiel, notamment à cause de la mort tragique de P. Faider dans les premières semaines de la seconde guerre mondiale. En comparaison, notre vingt-et-unième siècle naissant est une sorte d’âge d’or, puisque le livre du professeur S. Braund constitue, en l’espace de moins d’une décennie, la troisième édition commentée majeure du De Clementia, après celles de E. Malaspina (Alessandria 2001; 2004) et de Fr.-R. Chaumartin (Paris 2005).

L’ouvrage de Braund, destiné aux “scholars and advanced students” (p. 91), commence par une introduction substantielle (p. 1-91), contenant toutes les informations nécessaires au lecteur qui, sans tre spécialiste de Sénèque, est tout de même familier des réalités antiques. Vient alors le texte du De Clementia, accompagné d’une traduction anglaise en vis-à-vis et d’un bref apparat critique (p. 94-151). Un long commentaire (p. 153-422) examine ensuite les principales questions textuelles, linguistiques, historiques, culturelles ou philosophiques. Ce commentaire est suivi de trois appendices. Le premier fournit un document peu accessible par ailleurs: le texte et la traduction d’une lettre d’Hildebert, archevêque de Tours ( Ep. 1. 3), dans laquelle celui-ci prétend reproduire des extraits du De Clementia de Sénèque. Le deuxième appendice est la traduction du passage que Dion Cassius consacre à la conjuration de Cinna (55. 14. 1-22. 2; cf. Clem. 1. 9). Le troisième est une approche numismatique de la marche d’Agrippine et de Néron vers le pouvoir. Après une bibliographie qui ne comporte pas les ouvrages les plus fréquemment cités (liste p. X-XIII) ni ceux qui ne reviennent que sporadiquement (mentionnés seulement dans le cours du commentaire), l’ouvrage se referme sur un index locorum et un index général.

I. INTRODUCTION

Écrite dans une langue claire et concise, divisée en brefs chapitres traitant succinctement de questions précises, l’introduction de Braund a l’avantage de présenter des positions nettes et fermement établies qui guideront efficacement le lecteur. Bien que moins détaillé et moins approfondi parfois que celui de B. Mortureux ( ANRW II 36. 3 [1989] 1639-1685), un tel bilan rendra des services appréciables.

Après avoir résumé la vie de Sénèque et sa production littéraire (section 1, p. 2-8), Braund dépeint l’atmosphère politique et littéraire des années 54-56 en mettant en évidence la place cruciale occupée par l’idée de clementia (section 2, p. 8-16). Une qualité remarquable de ces pages est que Braund, tout en fournissant au lecteur moyennement informé un traitement clair de la période, va bien au-delà des quelques lieux communs qui caractérisent souvent ce type de résumés. Au lieu de se limiter à quelques passages (trop) bien connus de Suétone et de Tacite, Braund utilise ainsi à bon escient des témoignages numismatiques pour éclairer le contexte historique du De Clementia (p. 9, n. 32; cf. aussi p. 432-437); les mêmes louanges pourraient s’adresser à l’étude de Calpurnius Siculus, poète mineur par son talent, mais très révélateur de l’atmosphère de son milieu et de son époque (p. 12-14).

Le talent que possède Braund pour présenter de façon lumineuse les problèmes les plus complexes imprègne aussi la section 3 (p. 16-23), où elle démontre que le De Clementia relève à la fois du traité sur la royauté, du panégyrique et de l’essai philosophique.

Néanmoins, cette recherche de la clarté amène parfois Braund à simplifier à l’excès certains problèmes, comme celui de la date du traité. À l’en croire, les savants partisans d’une date antérieure au meurtre de Britannicus (février 55) désirent seulement exonérer Sénèque de l’accusation d’hypocrisie; elle a alors beau jeu de réfuter leurs arguments en quelques mots (p. 16-17). La réalité est pourtant bien plus complexe: les spécialistes qui prétendent avancer la date du traité ne sont pas mus uniquement par le désir de préserver l’image du philosophe, mais se fondent sur des critères stylistiques, prosodiques, textuels et historiques bien plus profonds que ne le laisse croire Braund.2

Dans la section 4 (p. 24-30), Braund résume commodément les principales théories relatives à la royauté existant dans l’Antiquité. Encore une fois, ces pages, précises et bien documentées, suffisent largement pour une introduction de ce genre, même si Braund aurait pu dire quelques mots de la fameuse lettre de Cicéron à son frère Quintus ( Q. fr. 1, 1), qui s’apparente, par bien des aspects, à un Fürstenspiegel. En outre, puisqu’elle consacre un passage assez long à Philodème de Gadara (p. 27-29), Braund aurait pu préciser que selon plusieurs spécialistes, le De bono rege ne doit pas se lire, ainsi qu’elle le pense, comme un ouvrage exposant sérieusement une théorie épicurienne de la royauté, mais plutoôt comme un simple exercice littéraire. Il est significatif, à cet égard, que Braund cite un article de O. Murray allant dans son sens, mais qu’elle passe sous silence la retractatio postérieure de ce même spécialiste.3

La section 5 (p. 30-44) étudie la place de la clementia dans le système romain des vertus et retrace son histoire à Rome; on y trouvera aussi des essais de définition, ainsi qu’un examen du lien existant entre la clementia et la loi dans le De Clementia. Le chapitre se cloôt sur un bilan ayant trait à la relation entre la clementia et la corona civica. Braund se fonde sur la thèse de M. B. Dowling, Clemency and Cruelty in the Roman World (Ann Arbor 2006), mais en corrige à juste titre certains aspects discutables (p. 33, n. 109).

Le chapitre 6 (p. 45-51) résume le contenu du De Clementia tel qu’il nous est parvenu et esquisse une reconstitution de ce qu’il était à l’origine. Ces pages sont plutoôt décevantes, dans la mesure où Braund n’aborde guère l’intéressante hypothèse de P. Grimal, selon qui le premier livre du De Clementia était au départ un discours prononcé devant le Sénat. Braund connaiît cette théorie (cf. p. 16-17), mais ne la traite jamais frontalement, alors même qu’elle note à plusieurs reprises que le premier livre du traité, par son ton, ressemble à un discours (e.g. p. 53; 153; 219-220). De surcroiît, au lieu d’étudier la composition et la structure du De Clementia, Braund se contente d’une longue paraphrase (p. 48-51) qui semble revenir à la conception ancienne d’un traité écrit au fil de la plume, sans structure ferme (hypothèse jadis défendue par P. Faider, Fr. Giancotti et, à un degré moindre, E. Albertini). Il est pourtant permis de penser que Sénèque avait plus fermement bâti son De Clementia que Braund semble le penser.4

La section 7 (p. 51-64), consacrée au style et aux images de Sénèque, est l’occasion pour Braund de déployer son élégance et sa finesse littéraire. Comme en vertu d’une imitatio de Sénèque, certaines de ses phrases sont elles-mêmes aussi raffinées qu’évocatrices, ainsi que le montre celle-ci, à propos de 1. 1. 1: “It is as if Nero were Seneca’s Muse, his inspiration, for the project of writing about clementia” (p. 55).

Dans le chapitre 8 (p. 64-68), Braund adopte la position habituellement défendue au sujet des théories stoïciennes de la royauté (un régime acceptable) et de la clementia (Sénèque romprait avec une tradition antérieure hostile à la clémence, schéma que Braund aurait pu affiner en questionnant plus qu’elle ne le fait l’opinion de Panétius, qu’on pourrait déduire de Cicéron, De Officiis, 1. 88: le Rhodien semble approuver la clementia quand celle-ci est jointe à la seueritas).

Dans la section 9 (p. 68-76), après avoir déclaré que le pragmatisme de Sénèque le conduit à approuver la monarchie, qui est aussi, d’un point de vue stoïcien, une loi de la nature, Braund compare le De Clementia, le De Ira et les tragédies de Sénèque. On pourrait ajouter aux travaux cités l’importante contribution de E. Malaspina dans Sénèque le tragique.5

Braund procède alors à un rapide survol de la fortune postérieure du De Clementia, chez des auteurs comme Machiavel ou Monteverdi, mais surtout dans les Essais de Montaigne et le Cinna de Corneille (section 10, p. 77-86). Un lecteur français ne peut qu’être sensible à l’attachement que Braund manifeste pour sa culture et sa littérature (cf. aussi p. 390).

Les deux dernières sections (11-12, p. 86-91) présentent diverses considérations sur l’établissement du texte, la traduction et le commentaire.

II. ÉTABLISSEMENT DU TEXTE, APPARAT CRITIQUE ET TRADUCTION

1. Texte

Rappelons avant tout que le manuscrit N ( Nazarianus) est le plus ancien dont nous disposons, et que de lui dépendent, directement ou indirectement, tous les autres.

Comme Braund le reconnaiît elle-même (p. 87), E. Malaspina a effectué un admirable travail d’édition de texte, et a proposé plusieurs corrections magistrales à un manuscrit que déparent de nombreuses fautes; Fr.-R. Chaumartin, en revanche, s’est montré plus prudent, et, tout en adoptant certaines corrections des éditeurs antérieurs, n’a avancé aucune conjecture personnelle. Braund, pour sa part, suggère plusieurs changements, généralement séduisants (e.g. colligitur 1. 5. 1; suppression de ex quo dabit cuique partem 2. 6. 3), parfois plus arbitraires peut-être — mais c’est la loi du genre.

2. Apparat critique

L’apparat critique, même en tenant compte des objectifs modestes qu’il se fixe (cf. p. 87: “not at all comprehensive”, mais voué à “provide information about significant variants in the manuscripts and proposals by editors, with particular attention to the most vexing textual cruces“), est réalisé de façon satisfaisante, malgré une inexactitude au moins (1. 9. 3, p. 108): Braund néglige d’indiquer une correction qu’elle adopte ( M. Antonio au lieu du M. Antonius de N); d’après son commentaire (p. 266), Braund semble d’ailleurs croire (à tort) que M. Antonio est le texte de N.

Encore quelques détails: accedit n’est pas dans N, mais dans Q (2. 5. 1, p. 144), ce qui n’est pas signalé; pourquoi mentionner dans l’apparat une suggestion du commentaire (1. 9. 1, p. 261: iam communi quidem republica) sans le faire systématiquement (cf. 1. 9. 10 et p. 276; 1. 13. 4 et p. 311) ?

3. Traduction

Je ne me sens guère qualifié pour porter un jugement sur l’élégance et la correction de l’anglais de Braund, mais il est constant qu’elle a déployé de grands efforts pour rendre les joliesses de la prose de Sénèque, en n’hésitant pas, par exemple, à forger un néologisme pour rendre un hapax de la version originale (1. 22. 2: “sparingness” comme équivalent de parcitas – même si, en fait, c’est déjà la traduction proposée par l’ OLD, s.u. parcitas), ou en décidant à bon droit de toujours traduire un même mot anglais par un même mot latin (cf. p. 89-90), une règle que la plupart de ses prédécesseurs n’avaient pas respectée.

En somme, comme on pouvait s’y attendre, la traduction est d’une qualité comparable à celles que Braund a déjà consacrées à Lucain (Oxford 2001) ou à Perse et Juvénal (Cambridge [Mα], Loeb Classical Library, 2004). Elle est plus fiable que celle de Fr.-R. Chaumartin, même si, bien sûr, je ne suis pas toujours d’accord avec elle (e.g. à propos de 1. 9. 7, gauisus sibi quod aduocatum inuenerat = “Augustus was delighted that he had found a supporter for himself”. Braund construit aduocatum avec sibi : cette hypothèse, grammaticalement correcte, ne correspond guère à l’ordre des mots du latin).

III. COMMENTAIRE

L’attention de Braund aux éléments stylistiques (structure de la phrase: p. 169; p. 233; p. 307; ordre des mots: p. 255; sonorités: p. 257) permet d’apprécier la richesse de la prose sénéquienne et rend particulièrement plaisante la lecture de ce commentaire. Par sa connaissance de la poésie romaine, Braund est très à son aise quand il s’agit d’établir des parallèles avec des versificateurs (ainsi, p. 211, à propos de 1. 3. 5, elle a raison de ne pas citer uniquement Hor., Epod., 16. 2, comme ses devanciers, mais aussi Carm., 3. 4. 65). Les rapprochements avec les historiens sont tout aussi fréquents et pertinents, surtout dans le cas de Tacite (e.g. p. 160; p. 183).

Braund prend souvent soin de justifier sa traduction, et se montre alors très convaincante: ses choix, parfois contraires à ceux de Malaspina (p. 198: c’est bien uirtutem, et non naturae, qui est l’antécédent de quae; p. 243: litigare a peut-être aussi une acception juridique) ou de Chaumartin (p. 335-336), sont généralement judicieux et solidement étayés.

Braund met un soin remarquable à rendre toutes les nuances que peut prendre tel ou tel mot dans le contexte du De Clementia (p. 203: certatim compris, secondairement, comme une allusion à la lutte que se livrent les courtisans pour les faveurs impériales) et les explications grammaticales apportent souvent du neuf (p. 342: ex aliis = alloi te kai), bien qu’elles soient quelquefois par trop élémentaires (p. 183: emploi de quisque avec superlatif; p. 298: licet suivi du subjonctif au sens de “bien que”; p. 314: causa; 384: dignus qui + subj.).

Cela ne signifie pas que Braund se limite à un commentaire exclusivement linguistique et littéraire: ses remarques historiques et juridiques aussi sont précieuses (notamment p. 167: apud me compris dans un contexte juridique).

Toutes ces qualités n’excluent pas certains défauts:

Par souci de clarté, le ton se fait parfois trop péremptoire. C’est ce qui arrive par exemple p. 160, à propos de 1. 1. 2 ( egone ex omnibus mortalibus placui electusque sum), où Braund écrit: “it is clear that the gods are the source of Nero’s power”, en s’appuyant sur des travaux de J. R. Fears; en réalité, rien n’est moins sûr, si bien que Braund aurait dû proposer des explications alternatives à cette absence de complément à placui et electus sum. Sénèque a peut-être voulu sous-entendre un consensus entre les hommes et les dieux (Tr. Adam, Clementia principis. Der Einfluss hellenistischer Fürstenspiegel auf den Versuch einer rechtlichen Fundierung des Prinzipats durch Seneca [Stuttgart 1970] 49-50), à moins qu’il n’ait voulu laisser à son lecteur le soin de déterminer l’instance qui désigne Néron (E. W. Leach, “The Implied Reader and the Political Argument in Seneca’s Apocolocyntosis and de Clementia“, Arethusa 22 [1989] 225). Pour notre part, nous pensons que Sénèque a choisi de ne pas préciser l’agent de l’élection de Néron parce que cela n’avait aucune importance d’un point de vue stoïcien: le pouvoir absolu n’est que la materia d’une recta actio : seul importe l’usage qu’on fera d’une puissance dont l’origine est sans intérêt.

Dans l’ensemble d’ailleurs, il faut signaler que la dimension philosophique du commentaire est sans doute la plus faible (on peut adresser le même reproche au travail de Malaspina): on aurait attendu des remarques sur mali / boni (p. 188), sanabilia (p. 189), irascendum sit (p. 301), etc…

Eu égard à l’ampleur du commentaire, les erreurs factuelles sont plutôt rares. En voici tout de même deux qui sont notables:

p. 318: la patria potestas aurait dû être distinguée de la juridiction domestique du pater familias : la première permet au pater d’infliger à sa progéniture, dans l’instant et à tout moment, le traitement de son choix, alors que la seconde suppose une faute préalable des enfants, et un jugement respectant certaines formes.6

p. 331: il est impossible que Sénèque se soit inspiré de Thémistius, un auteur qui lui est postérieur.

IV. BIBLIOGRAPHIE

Il est trop facile de chicaner un auteur sur sa bibliographie, d’autant que Braund reconnaît elle-même (p. 91) qu’elle n’a pas voulu en établir une aussi complète que celle de E. Malaspina. Il n’en reste pas moins que deux points sont surprenants:

—Sa bibliographie comporte des travaux dont les liens avec le De Clementia sont loin d’être évidents (e.g. le livre de L. A. Holford-Strevens sur Aulu-Gelle), alors que des contributions fondamentales sont omises (E. Villa, La clemenza politica di Roma [Biella 1946]; E. Malaspina, “La teoria politica del De Clementia : un inevitabile fallimento?”, in Seneca uomo politico e l’età di Claudio e di Nerone. Atti del Convegno internazionale. Capri 25-27 marzo 1999, edd. A. De Vivo et E. Lo Cascio [Bari 2003] 139-157, ouvrage que connaît pourtant Braund [cf. p. 71, n. 228]).

—Braund a sévèrement critiqué Fr.-R. Chaumartin pour s’être cantonné à une bibliographie essentiellement francophone (cf. CR 56 [2006] 355); de son côté pourtant, elle-même néglige plusieurs importants travaux qui ne sont pas écrits en anglais. Les deux articles si influents de M. Fuhrmann et K. Buechner ne sont cités nulle part,7 et Braund se réfère rarement au Sénèque ou la conscience de l’Empire (Paris 1978) de P. Grimal.

Les fautes typographiques sont rares: p. xi: lire “Virtues” au lieu de “Virtue” (Fears 1981); p. 165: lire ” OLD 3b” au lieu de ” OLD 36″; p. 411: lire “tout à la fois”; p. 455: lire euthumia au lieu de ethuma. Il manque parfois un guillemet (p. 259) ou une parenthèse (p. 318).

V. CONCLUSION

Braund dit avoir médité ce livre depuis plus de vingt ans (p. v), ce qui transparaît clairement dans la profonde familiarité avec le texte de Sénèque qui parcourt l’ouvrage tout entier. Dans l’ensemble, elle a fourni un instrument de très grande valeur, dont les principales vertus sont la clarté et la précision de l’introduction, la subtilité des remarques stylistiques, l’attention portée au sens de chaque mot et les parallèles éclairants avec d’autres auteurs. La traduction, en particulier, mérite de grands éloges pour sa vivacité, son élégance et sa finesse — pour autant qu’un recenseur dont l’anglais n’est pas la langue maternelle peut en juger.

Néanmoins, le commentaire n’apporte pas toujours des progrès substantiels par rapport à celui de Malaspina. Braund n’offre pas systématiquement un traitement équilibré des passages controversés, à propos desquels elle adopte une position trop unilatérale, à la fois peut-être par souci de netteté et par négligence de la bibliographie continentale. Ces petits défauts font que les lecteurs continentaux et les chercheurs se tourneront peut-être vers l’ouvrage de Malaspina, de préférence à celui de Braund Cela étant, nul ne pourra plus prétendre étudier sérieusement le De Clementia sans se référer à cette somme.

Notes

1. Nous songeons spécialement aux travaux de M. Fuhrmann, K. Buechner, M. Bellincioni, B. Mortureux ou A. Borgo. . .

2. Cf. P. Schimmenti, “Sulla datazione del De Clementia ( Clem. I, 9, 1)”, GIF 53 (2001) 37-68; contra G. Flamerie de Lachapelle, “Encore et toujours la date du De Clementia“, Euphrosyne 36 (2008) 299-308.

3. O. Murray, “Philodemus. On the Good King according to Homer“, JRS 55 (1965) 161-82; id., “Rileggendo Il buon re secondo Omero“, CErc 14 (1984) 157-160.

4. Cf. e.g. K. Buechner, “Aufbau und Sinn von Senecas Schrift über die Clementia“, Hermes 98 (1970) 203-223; E. Malaspina (ed.), Seneca. De Clementia, op. cit., 6-7.

5. E. Malaspina, “Pensiero politico ed esperienza storica nelle tragedie di Seneca”, in Sénèque le tragique. Entretiens sur l’Antiquité classique 50 (Genève 2004) 267-320.

6. Cf. Y. Thomas, “Remarques sur la juridiction domestique à Rome”, in Parenté et stratégies familiales dans l’Antiquité romaine, edd. J. Andreau et H. Bruhns (Rome 1990) 451; 468.

7. Pour Buechner, cf. n. 4; M. Fuhrmann, “Die Alleinherrschaft und das Problem der Gerechtigkeit (Seneca: De Clementia)”, Gymnasium 70 (1963), 481-514. Ces deux articles auraient été particulièrement utiles aux p. 40-42, consacrées au rapport entre la loi et la clementia.