Bryn Mawr Classical Review

BMCR 2019.11.47 on the BMCR blog

Bryn Mawr Classical Review 2019.11.47

Nicholas Denyer (ed.), Plato: 'The Apology of Socrates' and Xenophon: 'The Apology of Socrates'. Cambridge Greek and Latin Classics.   Cambridge:  Cambridge University Press, 2019.  Pp. xi, 148.  ISBN 9780521145824.  $25.99 (pb).  


Reviewed by Orestis Karavas, University of the Peloponnese (okaravas@hotmail.com)

Publisher's Preview

Le nouveau livre de Nicholas Denyer appartient à la célèbre collection “Cambridge Greek and Latin Classics”, où l'auteur a déjà publié des commentaires de deux dialogues de Platon: de l’Alcibiade majeur (2001, compte-rendu par Mark Joyal, BMCR 2003.01.28) et du Protagoras (2008, compte-rendu par James H. Collins II, BMCR 2009.05.09). Cette fois-ci il a choisi de comparer les Apologies de Socrate composées par Platon et Xénophon.

Après une courte Préface (p. vii) et la liste des Abréviations et la Bibliographie (pp. viii-xi), suivent une dense Introduction (pp. 1-26), le texte grec des deux Apologies (pp. 27-49 celle de Platon et pp. 50-5 celle de Xénophon) et leur commentaires (pp. 56-125 et 126-46 respectivement). Le livre se termine par trois Index (général, des noms propres et des mots grecs) (pp. 147-8).

L’Introduction est constituée par sept parties et contient tous les thèmes majeurs du sujet: Socrate (physique, comportement, érotisme, pauvreté, sagesse, ses disciples intimes, l’oracle de Delphes), l’histoire des accusations et des autres Apologies, les procédures de la législation athénienne, les deux parties de l’accusation officielle (la religiosité de Socrate et Socrate corrupteur des jeunes), une esquisse des vies parallèles de Platon et de Xénophon, leur style d’auteur/narrateur, leur relation avec Socrate, sa personnalité dans leur œuvre et, enfin, une brève présentation de la tradition manuscrite des deux textes. Denyer s’adresse également aux connaisseurs et aux novices quant aux deux opuscules et propose des analyses nouvelles: voir, par exemple, l’interprétation de l’oracle de Delphes (p. 3), la comparaison des deux Apologies avec d’autres textes apologétiques anciens (pp. 6-7) ou la remarque “both Xenophon and Plato could therefore be seen, by the standards of the Athenian democracy that condemned Socrates to death for corrupting the young, as among the young whom he had corrupted” (p. 25). Le texte grec est accompagné par un laconique apparat critique. Le riche commentaire représente presque le triple de l’original: Denyer divise chaque opuscule en sections (quinze pour le texte de Platon et neuf pour celui de Xénophon) dont il propose un bref résumé avant d’avancer sa propre analyse du texte. Son commentaire contient des remarques sur la grammaire et la syntaxe (surtout l’emploi des particules), le style et la langue de chaque auteur, et témoigne d’une connaissance exceptionnelle des œuvres de Platon, de Xénophon et des orateurs dont il cite plusieurs passages. Denyer montre la cohérence interne qui existe entre les deux Apologies et n’oublie jamais qu’il s’agit d’un discours judiciaire où Socrate doit prouver son innocence. C’est pourquoi abondent les citations de textes rhétoriques classiques. Denyer traduit les extraits grecs quand il veut rendre ses syllogismes plus clairs ou élucider et souligner les points communs parmi les passages cités. Il révèle le caractère rhétorique du texte en osant, aussi, faire des connexions avec la théorie de la relativité d’Einstein (p. 85) ou Alice au pays des merveilles (p. 143), ce qui rend son commentaire attirant pour les non spécialistes. On a particulièrement apprécié l’explication de la négation μηδένα dans l’oracle de Delphes et l’interprétation de σοφός et de ἀπορία (pp. 71-2). Parfois, cependant, à notre avis, son analyse peut prêter à discussion, comme par exemple lorsqu’il explique que la φωνή τις du démon de Socrate était une sorte de voix (p. 100), sans envisager qu’il puisse s’agir d’une espèce de son (“sound”).

La présentation typographique du livre est très soignée. On a guère trouvé des coquilles.1 Le livre de Denyer représente une contribution remarquable aux études socratiques.2


Notes:


1.   On n’a compté qu’une douzaine de mots fautivement coupés (dont le plus gênant est le πλημμ-έλεια, dans la p. 31) et une douzaine d’accents manqués ou mal placés, mais qui n’altèrent pas la lecture. Il faut lire “multiple” (p. 12 ligne 25), “response” (p. 90 l. 6) et Kühn (p. 122 l. 21), ajouter une virgule avant τοῦτο (p. 57 l. 4) et corriger ΧΕΝΟΦΩΝΤΟΣ en ΞΕΝΟΦΩΝΤΟΣ en haut des pp. 50, 52, 54 et aussi dans la Table des Matières, p. v. Enfin, il vaudrait mieux imprimer τι au lieu de τι au début du texte de Platon, p. 27 (17a1) et dans les pp. 30 (21a3), 32 (23d3) (bis), 50 l. 11, 51 l. 23, 52 l. 21, 54 l. 11, 56 (17a1), 68 (20c5-6), 70 (21a2-3), 77 (23d3) (bis), 132 (§12.23-24), 135 (§16.21) et 148.
2.   J’aimerais remercier mon cher collègue et précieux ami Jean-Luc Vix pour son aide et ses remarques utiles.

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