Bryn Mawr Classical Review

BMCR 2013.03.24 on the BMCR blog

Bryn Mawr Classical Review 2013.03.24

Fabio Tutrone, Filosofi e animali in Roma antica: modelli di animalità e umanità in Lucrezio e Seneca. Pubblicazioni della Facoltà di lettere e filosofia dell'Università di Pavia, 126.   Pisa:  Edizioni ETS, 2012.  Pp. 388.  ISBN 9788846732330.  €34.00 (pb).  


Reviewed by Danielle Gourevitch, École pratique des hautes études (EPHE, Paris) (dgourevitchbis@gmail.com)

L’auteur est un fort sympathique jeune chercheur de l’Université de Palerme (thèse soutenue en avril 2009) qui, depuis la sortie de ce livre (sa thèse remaniée), a aussi publié « Between Atoms and Humours: Lucretius' Didactic Poetry as a Model of Integrated and Bifocal Physiology », in Blood, Sweat and Tears: The Changing Concepts of Physiology from Antiquity into Early Modern Europe, ed. Manfred Horstmanshoff, Helen King and Claus Zittel, Leiden, Brill, 2012, p. 83-102. Autrement dit, c’est un spécialiste éminent de Lucrèce, qui, pour répondre aux exigences du genre de la thèse de doctorat, a dû élargir ses recherches et a choisi de les enrichir par l’étude de Sénèque ; il a pris ainsi en considération pour son propos (à savoir la condition animale) ‘l’opera di due fra i piu importanti pensatori della cultura romana, l’épicureo Lucrezio e lo stoico Seneca » (4e de couverture). Tout cela est bel et bon, mais la juxtaposition de deux excellentes études sur deux grands auteurs, par bonheur de deux écoles philosophiques différentes ..., assortie d’appendices plus ou moins justifiés, ne fait pas un livre, et le titre choisi est assez trompeur. On en donnera pour l’une des preuves la brièveté de la conclusion (293-294), qui se termine en un acte de grâce : « … in questo viaggio ricco di scorperte e ri-scoperte gli animali ci hanno guidato come segnali vividi anche quando ambigui, come compagni attenti anche se cangienti : ad essi dunque, une volta in più, va la nostra gratitudine, il sentimento autentico di chi ha ricevuto in dono un infinito potenziale di comprensione ».

Voici le déroulement de cet ouvrage, en m’en tenant aux titres principaux, souvent cryptiques, il faut bien l’admettre :

Introduzione. La chiave, la lente e lo specchio. Gli animali nel dibattito culturale romano fra I a.C. e I d.C.
Parte I. L’animalismo di Lucrezio. Animali e uomini fra etica, poetica e scienza nel De rerum natura.
I.1. L’animale, la natura, la scienza : un viaggio dal reale al simbolico.
I. 2. Analogie poetiche e verità di scienza : prospettive critiche sul mondo animale.
I. 3. Saperi incrociati. Fisica, biologia ed etologia nella rete di una morale poetica.
I. 4. Una zoologia dell’uguaglianza. Storia, scienza e dottrina di un universo orrizontale.
Parte II. Un antropocentrismo ambiguo. Figure dell’animale nell’opera filosofica di Seneca.
II. 5. Le bestie sul cammino del saggio. Animali e parenesi (=exhortation) morale nelle Epistulae ad Lucilium.
II. 6. L’etica dei bruti. Modelli animali e riflessione moralistisca nei Dialogi.
II. 7. Sguardi oltre il confine. Presenze ed impieghi del mondo animale nei trattati.
Per una conclusione.

Appendice I (trop visiblement destiné à ne rien laisser perdre des travaux engagés !) : Lucrezio e la biologia di Aristotele. Riflessi sulla presenza dell’opera aristotelica nel De rerum natura e nella cultura greco-latina del I secolo a.C. (déjà publié dans le Boll. Fond. Naz. Vito Fazio Allmayer, XXXV, 1-2, 2006, p. 65-104). Et App. II, donnant les traductions italiennes (qui ne sont pas personnelles mais empruntées aux classiques de référence) des longues citations insérées dans le livre, présentation qui n’en facilite pas la lecture.

Suivent pour finir—A. une bibliographie plurilingue, riche et bien éditée (p. 359- 373) ; les trous de celle-ci laissent entendre que ce ne sont pas vraiment les animaux qui intéressent notre auteur (c’est tout juste si Lilian Bodson apparaît, alors qu’elle a tant fait pour la connaissance de l’animal antique), mais l’utilisation philosophique de ceux- ci. En outre il y a probablement comme souvent un décalage assez long entre la date de publication et l’arrêt réel des lectures nourrissantes faites par l’auteur (par exemple manque, pourtant tout à fait dans le sujet bien que le « médecin » ait remplacé le « philosophe » dans le titre, Le médecin initié par l’animal. Animaux et médecine dans l’Antiquité grecque et latine, ed. Isabelle Boehm et Pascal Luccioni, Lyon: Maison de l’Orient, 2008).—B. un index locorum.

L’auteur est enthousiaste de son sujet, et intarissable, ce qui le rend parfois difficile, des pages et des pages pouvant se succéder sans passage à la ligne et sans pause pour la pensée, au grand dam du lecteur malgré sa bonne volonté ! Donc un livre somme toute intéressant, sur le débat romain à la fin de la République et à l’époque julio-claudienne sur la situation de l’animal par rapport à l’homme, sur l’anthropocentrisme, sur le végétarisme. Ou plutôt deux monographies bien faites, utiles essentiellement pour les spécialistes de Sénèque et de Lucrèce, tous deux considérés exclusivement comme philosophes et parties prenantes du « dibattito culturale romano » sur l’animal, combinant la philosophie et la philologie, un peu l’histoire des sciences et la transmission des savoirs du monde grec au monde romain, et d’une certaine manière l’anthropologie culturelle. Mais certainement pas considérés comme propriétaires d’animaux de compagnie, comme amateurs ou contempteurs de jeux du cirque, ou comme fins connaisseurs de la zoologie ou de l’élevage, ce qui pourtant les aurait en quelque sorte romanisés et ancrés dans le concret, sans leur ôter leur éminente position de philosophes !

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