BMCR 2015.04.51

Lucian’s ‘A True Story’: An Intermediate Greek Reader (revised Aug. 2014; first edition 2011)

, , Lucian's 'A True Story': An Intermediate Greek Reader (revised Aug. 2014; first edition 2011). Oxford, OH: Faenum Publishing, 2014. x, 191. ISBN 9780983222804. $13.95 (pb).

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Publié en POD (« Print on Demand ») et ainsi proposé, en version papier, à un prix plus accessible, cet ouvrage s’adresse aux étudiants qui ont atteint un niveau de lecture « intermédiaire », comme l’indique le sous-titre. Il est également accessible en téléchargement gratuit au format pdf sur le site de Faenum Publishing (URL ci-dessus). Après un détour par des textes médicaux de Galien (BMCR 2014.08.17) et d’Hippocrate (BMCR 2013.12.46), les auteurs reviennent ici à la seconde sophistique et, plus précisément, à leur auteur de prédilection, Lucien de Samosate (voir BMCR 2013.05.21, Sur la déesse syrienne, et 2012.09.55, Pseudo-Lucien, Lucius ou l’âne), non sans avoir fait un détour par Plutarque (BMCR 2012.10.03).

Après une introduction qui présente rapidement l’objectif du livre en même temps que l’auteur et l’œuvre choisis (p. VII–X), le lecteur entre directement dans le texte, qui est celui de l’édition Loeb de 1921. Chaque page présente un court extrait du texte grec, suivi d’une liste détaillée du vocabulaire, puis de remarques grammaticales avec, parfois, des aides à la traduction. Un lexique verbal (p. 165–177) et un glossaire (p. 181–191) terminent l’ensemble (les noms ne sont donnés avec leurs génitifs que pour la troisième déclinaison). L’élève peut ainsi, comme il le lui est conseillé, p. IX, adapter son travail à son niveau : d’abord lire et essayer de comprendre le sens global, puis, à l’aide du vocabulaire fourni, vérifier ses hypothèses de lecture et mieux cerner la signification, pour parvenir enfin à une traduction satisfaisante, grâce aux explications plus complètes qui sont fournies en fin de page. Tout au long du parcours de lecture, l’apprentissage est facilité par des remarques lexicales et étymologiques, des aides mnémotechniques (voir, par exemple, p. 27) et des tableaux de synthèse qui sont autant de mises au point claires et rigoureuses sur les problèmes posés par la grammaire grecque, principalement en ce qui concerne le système verbal (les auteurs insistent sur les notions d’aspect et de temps, p. 80 et 122, avec reprise de la même phrase). La présentation est agréable et dépourvue de coquilles typographiques, à quelques exceptions près.1

Cet ouvrage, aux indéniables qualités pédagogiques, permettra assurément aux étudiants de s’approprier le texte et d’acquérir les réflexes grammaticaux et les connaissances lexicales nécessaires à une plus grande autonomie de lecture. On peut cependant regretter, au vu de leurs difficultés, qu’une traduction (linéaire ou littéraire) ne soit pas proposée en fin de volume ; de même on s’interroge sur l’absence de certains points grammaticaux : si l’emploi du participe impersonnel à l’accusatif absolu, δόξαν, en 1.7 (p. 13) et 11 (p. 21), est mentionné à chaque fois dans une note (sans renvoi), les emplois de οὐ et de μή (par exemple, p. 78, à propos de εἰ μή) ne font l’objet d’aucune synthèse. L’accentuation est également laissée de côté, même lorsqu’elle est une aide à l’identification de formes verbales (par exemple, pour les participes aoristes passifs, comme καταποθέντες, qui est analysé en note à la p. 61). Certains mots de vocabulaire apparaissent très tard dans l’ouvrage, comme ὅσον, environ, qui est souvent employé par Lucien, mais n’est pris en compte qu’au livre 2, p. 77. Enfin, le commentaire est essentiellement grammatical et verbal au détriment de l’analyse littéraire (introduction succincte, avec une brève bibliographie, p. IX) ; or, il paraît difficile de s’approprier un texte sans en analyser les idées et en aborder les caractéristiques littéraires ; les Annales qui, en France, aident les élèves à se préparer à l’épreuve écrite du baccalauréat de grec — comme d’ailleurs de latin — n’hésitent pas à proposer des axes d’études, à comparer des textes (éditions Hatier), voire à rédiger des commentaires d’extraits (éditions Ellipses).

Il est vrai qu’il faut bien sérier les problèmes ! Quoi qu’il en soit, cet ouvrage reste assurément une aide précieuse, qui guide l’étudiant volontaire et tenace vers la réussite et il faut espérer que d’autres volumes viendront encore enrichir cette collection.

Notes

1. Je n’ai relevé que quatre erreurs. Conformément au souhait des auteurs qui désirent être prévenus des coquilles qui peuvent être relevées, je leur ai envoyé un mail d’information, en leur indiquant également l’erreur de genre du relatif, p. 69, et une traduction qui me pose problème, p. 118. Ils pourront ainsi faire les corrections qui leur semblent utiles pour les versions futures du texte et il n’est pas nécessaire de donner ici plus de détails.